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Vulgarisation scientifique pour les jeunes

© Relais d'Sciences, Caen 

Julien Bobroff est enseignant-chercheur au Laboratoire de physique des solides (LPS) de l’Université Paris-Sud. Au sein de l’équipe « La Physique Autrement », il travaille depuis plusieurs années sur de nouvelles façons de vulgariser la physique et ses découvertes récentes au grand public. Il nous livre aujourd’hui des conseils pour mieux parler de science aux lycéens et étudiants.

Agent Majeur : Quel type d’interventions faites-vous auprès des jeunes ?

Julien Bobroff : Nous intervenons dans les lycées et les classes préparatoires depuis 2005. En tant que chercheurs, nous venons parler d’un sujet de physique en lien avec les recherches actuelles et présenter de petites expériences en direct.

Quels sont les objectifs de ces interventions ?

Nos objectifs ont changé en cours de route. Au début, nous cherchions à « recruter » les jeunes dans les laboratoires, à ce moment de leur vie où ils se questionnent beaucoup sur leur avenir et leur orientation. Mais aujourd’hui, nous sommes bien plus modestes. Nous venons simplement pour enthousiasmer les jeunes sur la physique moderne et parler de ce que fait le chercheur.

Avez-vous défini un déroulement pour vos interventions ?

Oui, nous avons amélioré le modèle au fur et à mesure. Nos interventions durent 2h, sans pause. Après avoir présenté le contexte et le sujet, nous abordons rapidement des questions plus fondamentales et mystérieuses : de quoi est fait l’univers, la matière… Notre intervention est rythmée par des expériences qui surprennent et qui questionnent. Nous favorisons le dialogue avec le public autour de ces expériences et de notre discours. Et pour terminer notre exposé, nous parlons des aspects plus humains de notre métier : le chercheur, la publication, les outils de laboratoire…

Quel type d’expériences présentez-vous ?  

Nous avons une série d’expériences uniques et surprenantes pour chaque sujet traité. Nous n’hésitons pas à réaliser des expériences « petites » et à les filmer en direct avec une caméra. Le direct ajoute une dimension avec laquelle la projection de vidéos toutes faites ne peut rivaliser. Il nous arrive aussi de retravailler la mise en scène ou le dispositif des expériences si elles ne sont pas spécialement spectaculaires.

Quelles sont les particularités de votre public ?

On dit que les lycéens et les étudiants constituent un public de « zappeurs », incapables de rester concentrés sur un même sujet trop longtemps, à qui il faut parler de choses très simples, très concrètes et matérielles plutôt que de sujets très fondamentaux. Mon expérience et mes intuitions vont totalement à l’encontre de ces idées. Comme n’importe quel autre public, c’est un public novice mais qui peut s’intéresser à tout.

Comment faites-vous pour capter ce public ?

Il faut éveiller sa curiosité, notamment avec les expériences, trouver de bons angles d’approche et surtout, ne pas rentrer dans une relation de maître à élève. Nous ne sommes pas là pour imposer une science mais pour questionner les jeunes sur leurs problématiques et leurs enjeux. En revanche, ce public est très sensible à la forme, ce qui implique une communication orale soignée : alléger ses diapositives, soigner ses supports média, bien choisir ses visuels et ne pas trop en utiliser. Il faut donc bien travailler sa présentation en amont des interventions, y compris son discours. Quand un nouvel intervenant intègre notre équipe, nous le faisons répéter pendant plusieurs mois avant de l’envoyer dans une classe.

Qu’est-ce qu’une intervention réussie ?

Pour évaluer la réussite d’une intervention, faut-il encore savoir ce qui se joue… Néanmoins, le niveau d’attention du public, la quantité des questions posées et les réponses aux sondages que nous faisons passer en fin de séance sont de bons indicateurs de la qualité de nos prestations. Et lorsqu’on nous propose de réitérer notre intervention l’année qui suit, c’est que nous avons été plutôt bons !

Quel est votre secret pour réussir vos interventions ?

Avec une bonne préparation, il n’y a aucune raison d’essuyer un échec. Peut-être que ce qui compte avant tout, c’est de favoriser l’interaction avec les jeunes et de rester authentique. S’ils sentent que l’intervention est fabriquée, qu’il s’agit d’un exercice de communication artificiel, ils vont automatiquement procéder à un rejet. Il me semble aussi important d'être accompagné dans sa préparation, par ses collègues, par des amis qui accepteraient d'être un public test, ou par des professionnels de la vulgarisation scientifique, notamment pour développer des supports originaux.

 

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