Le podcast de science,
c’est tendance !

99 millions… C’est le nombre de podcasts qui ont été téléchargés et écoutés en streaming pour le seul mois de juin 2020 en France. Il y a de quoi donner le vertige ! Selon une étude Médiamétrie de septembre, un internaute sur dix écoute chaque mois un podcast natif, c’est-à-dire qui n’est pas un replay d’une émission de radio. C’est dire si les podcasts ont le vent en poupe. Pour comprendre les raisons de ce succès, nous sommes allés à la rencontre de trois créateurs de podcasts de science.

Femme qui écoute un podcast de science
Apparu il y a quinze ans, le podcast est un contenu audio à la demande, disponible sur internet ou les applications de streaming. Il s’écoute aussi bien sur ordinateur, smartphone ou baladeur numérique. Il a été popularisé par Apple et tient son nom de la contraction de « IPod », comme le baladeur numérique de la marque à la pomme, avec « broadcast », qui signifie émission en anglais. Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui se lancent dans l’aventure, notamment dans le domaine scientifique. Chercheurs, institutions ou bien passionnés, nous les avons interrogés sur leurs motivations et les avantages qu’ils en retirent. Voici 5 bonnes raisons d’opter pour le podcast de science.

Une alternative à la vidéo

Format à succès actuellement, le podcast est une excellente alternative à la vidéo. C’est d’ailleurs ce qui a guidé Yannick Tanguy, manager de projets de communication scientifique pour la Fondation Ipsen, dans le choix de ce média : « Au départ, nous voulions produire des vidéos, c’était vraiment le projet. Mais nous avons fait le constat d’une saturation en termes de communication scientifique sur YouTube. Il nous a semblé très difficile de devenir visible. Dans ces conditions, le podcast s’est imposé naturellement. »

Contrairement à la vidéo, le podcast ne demande pas toute l’attention des auditeurs : il peut s’écouter tout en faisant autre chose. C’est aussi un média adapté à tous les rythmes de vie et tous les lieux. Il se consomme aussi bien à la maison, dans les transports, pendant la gym… « Les chercheurs n’ayant pas beaucoup de temps, nous nous sommes dit qu’il fallait leur proposer un média auquel ils puissent avoir accès à n’importe quel moment de leur journée. », nous explique Renaud Pourpre, co-créateur du podcast Lonely Pipette avec le chercheur Jonathan Weitzman.

Au-delà d’une alternative, le podcast peut aussi être complémentaire à la vidéo. Pour Storm Front Freaks, programme américain dédié aux passionnés de météorologie, et notamment de tempêtes, chaque épisode est disponible en podcast ainsi qu’en vidéo. Ce double format permet d’avoir « une plus grande visibilité » selon Phil Johnson, l’un des animateurs.

Un média synonyme de liberté

Le podcast de science offre aussi une grande liberté dans le choix des thèmes à traiter et la façon de les aborder : documentaire, interview, récit, fiction, table-ronde… « Les podcasts redonnent leurs lettres de noblesse à la radio libre, telle qu’on la connaissait avant : un média de partage, d’échange. Si les auditeurs trouvent nos épisodes trop longs, ils mettent sur pause et ils reprennent le lendemain. C’est un média très qualitatif et je suis vraiment très heureux d’y contribuer », explique Yannick Tanguy. Pour la Fondation Ipsen, il a lui-même lancé pas moins de 3 chaînes de vulgarisation des sciences avec son collègue Florian Delval : La science, quelle(s) histoire(s), qui retrace l’histoire de grandes découvertes, Ah !  notre santé, qui fait le point sur les connaissances scientifiques sur des pathologies, et Le coin des familles, destiné au jeune public.

Mais que l’on ne s’y trompe pas. Derrière cette grande liberté se cache beaucoup de travail pour concevoir son contenu, enregistrer les émissions, les monter, des diffuser, les promouvoir… Renaud Pourpre, lui-même bénévole dans cette aventure, rappelle que lancer un podcast demande du temps, de l’énergie et de la persévérance. « Il y a énormément de podcasts qui se créent et il y en a beaucoup qui meurent rapidement. »

Des sujets d’actualité ou intemporels

Pour le choix des sujets, Yannick Tanguy nous confie que l’actualité joue un rôle important. Comme la Covid-19, par exemple, qui a occupé plusieurs épisodes ou le mouvement Black Lives Matter. Certaines émissions, en revanche, relèvent davantage d’envies personnelles : « J’ai toujours voulu faire un épisode sur l’endométriose, parce que c’est une maladie qui est sous-estimée. »

De son côté, le podcast The Lonely Pipette traite des problèmes et du quotidien des chercheurs, plus que des sujets de recherche eux-mêmes : comment organiser sa journée, comment manager une équipe, comment gérer son stress. Il met en lumière les défis des chercheurs et comment ils les ont relevés. Quant à Storm Front Freaks, chaque épisode se penche sur les tempêtes, ainsi que les outils et ressources utilisés par ceux qui s’y intéressent. La singularité de chaque numéro tient davantage dans le format des échanges avec le ou les experts du jour.

Justement, le choix des invités dépend des objectifs des émissions. Storm Front Freaks regarde du côté des célébrités du monde de la météorologie ou des personnes travaillant dans un secteur intéressant de l’industrie météorologique. La Fondation Ipsen quant à elle recherche des experts en accord avec le thème de l’épisode et qui passent bien à l’oral. Chez Lonely Pipette, les invités sont des personnalités inspirantes du monde de la recherche scientifique.

Un générateur de visibilité

Une fois le podcast disponible en ligne, il lui reste à atteindre son public. Les animateurs de Lonely Pipette ont porté leur choix sur Twitter. « Nous voulions créer une communauté. Pour faire connaître nos podcasts, nous en avons conclu que les réseaux sociaux seraient notre outil préférentiel de communication. Nous nous sommes focalisés sur Twitter parce que la communauté scientifique y est très agréable et très ouverte à l’échange. » Renaud Pourpre estime que les retours des auditeurs sur les différents épisodes sont importants pour continuer à construire le projet, à l’améliorer.

Pour se faire connaître davantage, les animateurs de Storm Front Freaks ont de leur côté décidé d’aller au contact de la communauté des chasseurs de tempêtes. Ils ont ainsi assisté à quelques conventions sur la météo ou la chasse aux tempêtes pour améliorer leur visibilité. Malgré tout, les réseaux sociaux constituent un passage obligé. « C’est un peu comme jeter un caillou dans l’eau. Les ronds sont tous petits autour du caillou, puis ils s’étendent. Nous avons commencé sur les réseaux sociaux de la Fondation. Après, j’ai relayé les messages sur mon compte Facebook personnel. Puis, ils ont été partagés par mes proches… » nous explique Yannick Tanguy. Certains de ses podcasts ont aussi été repris par des radios locales pour compléter leurs programmes.

Grâce à la communauté ainsi créée, le podcast offre une nouvelle visibilité à ses animateurs ou aux sujets qu’ils portent. Yannick Tanguy estime ainsi que ses émissions permettent à la Fondation Ipsen de s’ouvrir à un nouveau public « jeune, curieux, qui a envie de découvrir ». Public qui peut d’ailleurs être composé d’auditeurs du monde entier. Le podcast étant disponible partout, sa diffusion ne connaît pas de frontières. Les créateurs de Lonely Pipette, avec un podcast de science en anglais, se sont ainsi offert une belle notoriété dans la communauté des chercheurs du monde entier.

Une belle occasion de rencontres

Enfin, et ce n’est pas le moindre de ses avantages, le podcast est un média générateur de rencontres. L’audio créé une proximité avec l’auditeur, les sujets ciblés des émissions rassemblent une communauté de passionnés et les animateurs ont la possibilité d’étoffer leur réseau. Au-delà de l’opportunité d’échanger avec des personnalités de l’industrie météorologique, Phil Johnson est ainsi heureux d’avoir « créé quelque chose avec son frère » et « développé de grandes amitiés avec les autres animateurs ». Yannick Tanguy retient lui les « découvertes, les moments d’échanges passionnants et les rencontres ». Une belle aventure humaine, en somme.

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2021-08-26T14:38:11+02:00

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