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Humour et présentations scientifiques

Tom Antion est l'auteur du livre « Wake'Em Up! » dans lequel il explore le thème de l'humour dans les présentations professionnelles. Dans un contexte de vulgarisation scientifique, l'humour peut-il jouer un rôle sur la façon dont l'information est diffusée au public ? Des formes d'humour peuvent-elles être introduites dans une présentation sérieuse en communication scientifique, sans que l'intervenant perde sa crédibilité ? Tom Antion nous donne son avis sur le sujet.

Pourquoi insérer de l'humour dans une présentation ?

L'humour est un moyen de susciter l'intérêt du public et de le maintenir éveillé. Il permet de gagner son attention et favorise sa vigilance.

Quand je vivais à Washington D.C., j'ai réalisé une enquête sur un magazine, le Washingtonian. Sur la quatrième de couverture, se trouvaient des annonces écrites par des personnes recherchant l'amour. 70 % de ces annonces ciblaient des personnes avec de l'humour. En somme, les gens aiment et veulent être entourés de personnes qui ont de l'humour, parce que l'humour place les individus au même niveau, en particulier l'autodérision. En essayant d'être parfait, vous risquez de créer un fossé avec votre public. Alors que si vous vous moquez de vos défauts, les gens vous adoreront, graviteront autour de vous et seront plus disposés à écouter ce que vous dites.

Quelle quantité d'humour doit-on utiliser dans une présentation sérieuse ?

Je dirais entre 15 % et 20 % maximum, à répartir tout au long de la présentation et non à insérer en une seule fois. J'encourage aussi tout intervenant à pousser ses limites, après avoir jaugé la réaction du public. Si les spectateurs viennent vers vous pour discuter, vous serrent la main et ne vous disent pas « Oh, je suis content(e) que ce soit fini ! », alors la prochaine fois, vous pourrez introduire un pourcentage d'humour plus important que celui avec lequel vous êtes habituellement à l'aise.

Quand devons-nous faire de l'humour lors d'une présentation ?

Les membres du public ont des cycles d'écoute, donc, des capacités de concentration variables. Au début d'une prise de parole, l'excitation est grande et si l'orateur fait une mauvaise plaisanterie, elle déçoit !

Pour que l'attention du public reste forte, je conseille d'utiliser des outils de gain d'attention. Il peut s'agir de formes d'humour, mais aussi de projections de slides, de déplacements sur scène ou de changements de ton. Pour un public d'âge moyen, ces outils peuvent être invoqués toutes les deux minutes. Mais plus le public est jeune, plus la capacité de concentration baisse, et plus vous aurez besoin d'avoir recours à des outils de gain d'attention.

En revanche, je conseille de ne pas commencer une présentation avec de l'humour, sauf si on attend de vous que vous amusiez la galerie ! C'est pourtant l'erreur que beaucoup font. Ils commencent avec une plaisanterie qui n'est pas forcément drôle et qui « plombe » la suite de la présentation. Cela devient alors le parcours du combattant et revient à gravir l'Everest en tongs !

Je pense qu'il faut commencer de façon sérieuse et préparer le public à l'humour. En ce qui me concerne, je débute souvent mes interventions en disant « Ecoutez, je suis arrivé, je ne vais pas vous faire perdre votre temps, allons-y ! J'ai de super astuces pour vous ! » Le public sait qu'il ne va pas perdre son temps, je le mets d'emblée dans ma poche et j'ai alors peu de chance d'échouer.

Avez-vous remarqué des caractéristiques spécifiques par rapport à l'usage de l'humour dans des présentations scientifiques ?

Beaucoup de scientifiques pensent qu'ils perdront leur crédibilité s'ils se montrent drôles. Evidemment, il peut y avoir des problèmes si l'orateur se prend pour un humoriste. Mais tant qu'il fait passer son message, il peut se permettre un peu d'humour. Il deviendra intéressant et gagnera au contraire en crédibilité.

Aussi, de nombreux scientifiques et doctorants ont peur de ce que vont penser leur collègues. Ils veillent à ne pas les décevoir et en oublient les personnes auxquelles ils sont censés s'adresser. Je leur conseille de s'enfermer dans une bulle pour essayer de ne pas être influencés par leurs pairs.

Faire de l'humour peut être risqué. Comment réagir si le public ne trouve pas une blague drôle ?

L'humour devrait être utilisé, en premier lieu, pour présenter un argument. Le but n'est pas de faire rire aux éclats, mais plutôt de rendre le discours amusant. Tant que l'argument est placé, il n'est pas nécessaire d'attendre une réaction du public ou de s'arrêter de parler.

Par exemple : « Avez-vous entendu parler de la gestion du stress ? J'ai lu l'autre jour qu'il y avait tellement de programmes de gestion du stress que les gens se stressaient à essayer d'en choisir un ! » Si le public rit, l'orateur doit s'arrêter de parler. Sinon, il risque de stopper les rires. C'est ce que les humoristes appellent « marcher sur son rire ». Il faut donc attendre que le public ait fini de rire avant de reprendre son discours. Et s'il ne rit pas, il faut continuer à parler comme si aucune réaction n'était attendue.

En savoir plus sur Tom Antion.


Sur ce blog, découvrez d'autres conseils pour vos prises de parole en public.

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