Pitch : conseils d’orateurs

Être capable de présenter un projet ou une innovation en moins de 3 minutes est devenu une compétence incontournable en communication. Qu’est-ce qu’un bon pitch ? Comment s’y préparer ? Et quelles techniques utiliser pour marquer les esprits ? Agent Majeur a interrogé 3 orateurs fraîchement formés par nos coachs sur cet exercice bien particulier. Qu’ils soient chercheurs ou experts techniques, ils partagent avec nous de précieux conseils.

Comment vous êtes-vous préparés à cet exercice ?

Ludovic Christophe (Bouygues Bâtiment) : Avant l’intervention avec Agent Majeur, mon équipe et moi avions préparé une présentation et un discours assez techniques. Après la formation, nous avons identifié les thématiques du projet, l’attente des futurs utilisateurs et les messages que nous voulions transmettre.

Christine Wai (AXA Research Fund) : J’ai fait en sorte d’avoir un message clair, simple et facile à retenir lors de la préparation du pitch. Et puis, j’ai privilégié les phrases courtes. Je ne me suis pas trop entraînée pour ne pas trop me familiariser avec le sujet. Je voulais être sûre de pouvoir transmettre mon énergie et ma passion pour la recherche le jour J.

Yonnel Giovanelli (SNCF) : En plus de la formation avec Agent Majeur, j’ai travaillé 2 jours et demi pour finaliser ma présentation et trouver des illustrations. J’ai dû faire environ 8 versions de mon pitch avant de le valider.

En termes de contenu, comment faire pour synthétiser vos propos ?

YG : C’est un exercice compliqué car il faut axer cette synthèse en fonction des critères d’évaluation du concours. Ne pas rentrer dans un langage trop technique car le public n’est pas forcément spécialiste. Je conseillerai de prendre du recul et de montrer les gains potentiels.

CW : J’ai sélectionné 4-5 éléments clés que je devais inclure dans le pitch. Ensuite, j’ai essayé de les connecter à travers une histoire. Je me suis aussi demandé si je pouvais relier mon pitch à des sujets d’actualité récents pour accrocher le public.

LC :  Pour épurer le discours, nous avons travaillé sur des phrases du type : « ce qu’il faut retenir, c’est… ». Cela permet au public de ne mémoriser que l’essentiel.

Concernant la communication non-verbale, que conseillez-vous de faire ?

LC : Je conseille d’observer l’ensemble du public avant de commencer, afin d’établir un contact visuel. La phrase d’accroche et la posture des premières minutes conditionnent la suite : il vaut mieux se préparer mentalement avant d’entrer sur scène.

YG : Effectivement, il est préférable de regarder tout l’auditoire et pas seulement un coin de la salle. Pour ma part, j’étais assis sur un exosquelette : il valait mieux ne pas bouger ! Les silences d’une seconde permettent d’appuyer une idée… Pour éviter d’être trop stressé, je conseille de s’entraîner plusieurs fois devant différents types de personnes avant le jour J.

LC : Pendant la présentation, il ne faut pas hésiter à prendre de la place en se déplaçant et surtout, à prendre son temps.

Finalement, comment faire pour impliquer le public en très peu de temps ?

YG : Pour impliquer le public, j’ai utilisé l’humour en posant 2 questions, qui ont attiré l’attention et suscité leur curiosité. Assis sur mon exosquelette, je leur ai demandé si je ressemblais à Robocop…

LC : La première phrase d’accroche est essentielle pour capter l’attention du public et le projeter au cœur du sujet. L’auditoire peut ainsi saisir la problématique et comprendre les difficultés associées. Les solutions que nous apportons ensuite par le projet sont mises en valeur.

Que pensez-vous du format du pitch en 2-3 minutes ?

CW : C’est un format très approprié. S’il était plus long, le public accumulerait trop de contenu et il perdrait facilement son attention et son intérêt. S’il était plus court, nous ne pourrions pas mettre assez de contenu pour raconter une « histoire ».

YG : C’est un challenge compliqué mais une expérience enrichissante. Les supports visuels sont très importants pour transmettre notre message, et ils ne doivent pas être trop chargés pour être lisibles.

Quelles ont été les principales difficultés que vous avez rencontrées ?

YG : D’abord, tenir en équilibre sur mon exosquelette ! Ensuite, respecter le temps et gérer la télécommande pour le déroulé des slides.

CW : Les plus grandes difficultés ont été d’éviter d’utiliser le jargon, tout en conservant un contenu « scientifiquement professionnel ».

YG : Cette expérience de formation et du pitch est très riche et me servira beaucoup dans ma carrière. Le jour J, j’ai pris conscience que le travail de la communication était aussi important que le sujet lui-même.

Nous vous invitons à découvrir le pitch de Christine Wai sur son sujet de recherche : elle développe un vaccin contre les allergies aux fruits de mer.

Merci à Ludovic Christophe (Responsable R&D chez Bouygues Bâtiment Ile-De-France), Christine Wai (Post-doctorante, Chinese University of Hong Kong et lauréate AXA Research Fund) et Yonnel Giovanelli (Expert du réseau SYNAPSES de SNCF) pour leurs témoignages.

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2019-04-26T13:27:45+00:00

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