Rédiger un article scientifique :
4 conseils à suivre

Vous avez travaillé d’arrache-pied des mois, voire des années, sur un projet de recherche. A présent, vous (ou votre responsable) avez décidé de publier votre travail. Le moment est venu de se poser et de tout rassembler dans un document à destination de la communauté scientifique internationale. Un défi impressionnant… Pour vous accompagner dans cette tâche, nous avons rassemblé des réflexions et points de vue d’experts. Voici nos 4 recommandations pour la rédaction d’un article scientifique. 

La rédaction d’article scientifique est un passage obligé pour tout chercheur. L’expression « Publish or Perish » est là pour en attester. Que vous ressentiez ou non cet impératif, publier vous donne accès à divers financements : bourses, subventions, prix…  Pour votre carrière, la publication d’articles scientifiques constitue également une vitrine vis-à-vis de la communauté scientifique.  Or, de nombreux chercheurs éprouvent des difficultés à coucher sur papier leurs travaux. C’est la raison pour laquelle nous avons regroupé 4 conseils à suivre pour rédiger vos articles scientifiques.

1/ Planifier, jusqu’à un certain point

Commençons par le commencement, c’est-à-dire identifier le contenu qui figurera dans votre article. En fonction de la revue visée, sa structure ou sa longueur peut varier. Mais, la plupart du temps, vous devez vous attendre à utiliser la trame suivante :

  • Titre,
  • Résumé,
  • Introduction,
  • Méthodes
  • Résultats,
  • Discussion (et/ou conclusion).

L’ordre de ces sections peut dépendre des revues. Certaines vous demandent de détailler vos méthodes dans le corps de l’article, quand d’autres exigent de les mettre à la fin. Pour structurer vos idées, il est indispensable d’élaborer un plan, ce que vous pouvez faire de plusieurs manières. Certains auteurs préfèrent le définir dans le détail avant d’entamer la phase de rédaction, alors que d’autres n’en font qu’une esquisse.

Dr. Emily Burns, spécialiste de la communication des sciences, vous conseille de «  créer en premier lieu la trame de l’article, avant de vous y plonger ». Elle recommande en second lieu de « planifier distinctement les sections avec des éléments clés et schémas, ce qui simplifiera la construction de votre récit sans y passer des heures. » En résumé, si vous savez où vous voulez aller, il vous sera beaucoup plus facile d’y arriver.

Quel que soit votre choix, sachez que le temps passé à réfléchir sur cette trame n’est jamais perdu. L’écrivain Randy Ingermanson dit qu’avoir un plan -même flou- est crucial. Il se réfère à ce qu’il appelle la méthode du flocon de neige. Elle consiste à élaborer un plan simple tout en laissant suffisamment de marge pour que votre texte évolue au fur et à mesure de la rédaction. Cette méthode, initialement décrite pour des romans, s’applique parfaitement à la rédaction scientifique. Bon nombre des meilleures idées sortent lorsque la plume touche le papier !

2/ Cibler vos lecteurs 

Avec un article scientifique, votre objectif n’est pas uniquement de publier vos résultats. Vous voulez également que d’autres chercheurs vous lisent et, de préférence, qu’ils exploitent l’information que vous avez partagée. Aussi, privilégiez la clarté pour que vos lecteurs comprennent le contexte de votre travail, en quoi il consiste et votre interprétation des résultats.

Comme vous vous adressez à des experts, donnez-leur suffisamment d’informations pour que votre projet de recherche soit compris, sans pour autant reprendre tout l’historique. Vous pouvez également diviser votre lectorat en types de chercheurs susceptibles d’être intéressés. Si vos travaux couvrent plusieurs domaines, par exemple physique et psychiatrie, il vous faudra faire preuve de davantage de pédagogie envers chacun de ces publics que si la revue était destinée à une audience plus ciblée.

Eric, un formateur en communication écrite d’Agent Majeur, défend l’idée que vous devriez toujours donner plus d’explications que vous ne l’estimez nécessaire pour un expert. « D’une part, les experts ne sont pas vexés s’ils lisent des explications de qualité sur des sujets déjà connus. D’autre part, rien ne dit qu’ils seront experts de votre sujet précis. » Pour autant, contrairement à la rédaction d’une thèse ou d’un rapport, vous devez être succinct.

Dans votre article, vous allez être amené à présenter à la communauté scientifique l’interprétation de vos résultats, sur la base des connaissances disponibles. Pour cela, pensez à préciser : les limites de l’étude et les raisons pour lesquelles vos données et les précédentes vous mènent à votre conclusion. Ces éléments clés de la discussion doivent être aussi clairs que les méthodes et résultats. Or, c’est souvent là que les articles pèchent. Prenez le temps de les recenser avec vos co-auteurs avant de rédiger puis, restez particulièrement vigilant au moment des phases de réécriture. 

3/ Combattre les pannes d’écriture

Nous avons tous, un jour ou l’autre, été confrontés au syndrome de la page blanche, incapables de formaliser à l’écrit nos pensées. Hélas, il n’existe pas de solution miracle pour surmonter cette difficulté. Selon James, formateur chez Agent Majeur, « nous avons besoin d’espace mental pour être en capacité d’écrire. Les mots ne sortiront pas si notre cerveau est saturé. » Essayez de réaliser quelques tâches simples sur votre to-do-list ou sortez pour vous vider la tête (pour une promenade socialement distanciée). « Ma technique consiste à ranger mon bureau ou bizarrement la cuisine, si je suis à la maison, ce qui me permet de clarifier mon esprit avant d’écrire. »

Si, malgré tout, vous restez bloqué, vous pouvez essayer la méthode dite de l’écriture libre. Le concept est simple : fixez-vous des plages de temps de 10 à 20 minutes. Choisissez alors une section de votre article avec pour seul objectif d’écrire sur cette section pendant le créneau alloué. Ne vous préoccupez pas des fautes d’orthographe, de la structure des phrases ou de la grammaire. Contentez-vous d’écrire tout ce que vous pouvez, en évitant toute distraction. Produisez sans vous juger. Une fois le temps écoulé, levez-vous pour faire une pause loin de votre bureau. Puis, quand vous êtes prêt, reprenez votre texte.

4/ Savoir se corriger

Après la phase de rédaction, place à la relecture. A l’instar de Boileau,

Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage,
Polissez-le sans cesse, et le repolissez,
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.

Votre première version n’a pas besoin d’être parfaite. En réalité, elle ne sera pas parfaite. Et cela n’a aucune importance car vos lecteurs ne connaîtront que la version finalisée de votre article.

Relire est important, mais que faut-il donc corriger ? Pour les articles scientifiques, privilégiez la lisibilité. Personne ne s’attend à ce que vous écriviez comme Victor Hugo ou Charles Dickens. Plus votre écriture sera simple, plus elle sera efficace. Ne mettez pas plus d’une idée par phrase. Et, efforcez-vous de ne pas faire de phrase de plus de 15 mots. Cela vous aidera !

Veillez aussi au langage que vous utilisez. Repérez chaque mot de plus de quatre syllabes. Pouvez-vous le remplacer par des mots plus simples ?  Personne ne vous demande de substituer des termes techniques, spécifiques à vos recherches, par des mots du langage courant. Pour autant, limitez le jargon, afin de fluidifier votre texte.

Enfin, « last but not least », les meilleurs articles sont construits autour d’un message que vous souhaitez passer à vos lecteurs. Définissez-le et gardez-le à l’esprit. Il vous servira de fil conducteur, depuis votre titre jusqu’à votre conclusion.

 

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2020-09-18T11:59:16+00:00

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