Maitriser les règles de typographie pour un rapport scientifique réussi

La qualité d’un rapport scientifique repose non seulement sur la précision des données et des analyses, mais également sur le respect des règles de typographie. Comment bien utiliser les signes de ponctuation ? Comment présenter les nombres et données statistiques ? Ou encore, faire bon usage des abréviations et des unités de mesure… Nous revenons ici sur les principales règles à connaître pour que votre rapport fasse la plus belle impression.

Règles de typographie pour les rapports scientifiques

Quelques règles de base de typographie

L’usage approprié de la typographie et des signes de ponctuation assure la clarté et la cohérence des écrits scientifiques. Tout commence par une bonne structure de phrase : chaque phrase doit débuter par une majuscule et se terminer par un point. Toutes les majuscules doivent être accentuées.

La virgule, quant à elle, marque une pause dans la phrase. Son utilisation doit respecter des règles strictes pour garantir la clarté et la cohérence du texte. Ainsi, le texte entre deux virgules doit pouvoir être supprimé sans altérer le sens et la syntaxe de la phrase. Une virgule simple ne doit pas séparer le verbe de son sujet ou de son complément.

Les deux-points, très souvent utilisés dans les écrits scientifiques, permettent d’annoncer une explication ou une citation. Ils servent aussi à introduire une liste à puce.

Le point-virgule sert à mettre en symétrie différentes propositions ou éléments d’une phrase, ou encore à articuler une phrase comportant de nombreuses virgules. Il sert aussi à ponctuer chaque ligne d’une liste à puce, sauf la dernière (voir la figure ci-dessous illustrant la typographie des listes à puce).

Enfin, le signe invisible, mais crucial en typographie, est l’espace. Pour tout savoir sur l’espace et l’espace insécable, rendez-vous sur notre article qui détaille les règles d’utilisation des espaces dans la ponctuation.

Exemple de listes à puces
Typographie des listes à puces

Typographie des données statistiques et des unités

L’essence d’un rapport scientifique est de présenter des résultats. La première règle simple pour présenter une donnée chiffrée est de toujours indiquer l’unité de mesure.

Il s’agit ensuite de respecter les symboles des unités de mesure, et en particulier la casse des lettres. En effet, une erreur d’usage de la casse porte à confusion. Par exemple, un a minuscule désigne une surface (are), alors qu’un A majuscule désigne une intensité électrique (Ampère).

Les nombres, eux, doivent être écrits en groupant les chiffres par trois, les groupes étant séparés par une espace. En français, les nombres décimaux s’écrivent avec une virgule et non un point.

Dans le tableau suivant, nous listons les symboles des unités de mesure les plus couramment utilisées et leur utilisation. Notez qu’aucun de ces symboles ne comporte de point abréviatif et ne prend de « s » au pluriel.

Symboles des unités de mesure les plus usités

Catégorie Symbole Signification Exemple d’utilisation
Capacités ml, cl, dl, l, dal, hl Millilitre, Centilitre, Décilitre, Litre, Décalitre, Hectolitre 250 ml, 5 l, 2 dal
Longueurs mm, cm, dm, m, dam, hm, km Millimètre, Centimètre, Décimètre, Mètre, Décamètre, Hectomètre, Kilomètre 5 mm, 10 m, 20 000 km
Masses mg, cg, dg, g, dag, hg, kg, q, t Milligramme, Centigramme, Décigramme, Gramme, Décagramme, Hectogramme, Kilogramme, Quintal, Tonne 500 mg, 25,13 kg, 2 t
Temps j, h, min, s Jour, Heure*, Minute, Seconde 3 j, 2 h, 30 min, 45 s, 18 h 30, 21 h

*Dans le cas de l’heure, le h doit être précédé et suivi d’une espace insécable. On notera aussi qu’une heure juste ne doit pas être suivie de deux zéros. Ainsi, on écrit 18 h 30 et non 18h30, ou encore 21 h et non 21 h 00.

Enfin, en français, il y a toujours une espace insécable entre un nombre et son unité ou un caractère comme %, ainsi qu’entre les groupes de nombres. L’espace insécable permet d’éviter qu’un nombre soit coupé ou séparé de son unité par un changement de ligne, par exemple.

Bon usage des abréviations

Les abréviations, qu’elles soient usuelles ou conventionnelles, doivent être utilisées de manière judicieuse. Il ne faut pas en abuser.

Une abréviation n’est pas suivie d’un point abréviatif si la fin du mot est présente, mais elle est suivie d’un point si la fin du mot est tronquée. Notez que le point abréviatif se confond avec le point de la phrase quand une abréviation termine la phrase (on met un seul point).

Voyons deux exemples très courants :

  • L’abréviation de et cætera s’écrit : etc. (avec un seul point et non trois). Il est en général préférable de limiter son utilisation et d’employer des formulations plus explicites ;
  • Les abréviations de premier, deuxième, troisième, etc., sont : 1er, 2e, 3er, etc., avec un « e » en exposant à partir de 2. On utilisera un “d” pour second (2d).

Une référence intéressante pour trouver les abréviations usuelles se trouve ici.

Acronymes et sigles

Il est fréquent d’avoir à citer des institutions ou des organismes dans un rapport scientifique. On utilise alors le nom complet de l’institution, un sigle ou un acronyme. Pour éviter les erreurs de typographie courantes sur ces éléments, voici les principales règles à suivre.

Pour écrire le nom des institutions, la règle générale est :

  • de mettre une majuscule initiale au terme générique (école, institut…) et à l’adjectif qui le précède lorsqu’il s’agit d’établissements uniques dans un État ;
  • de mettre une minuscule initiale lorsqu’il s’agit d’établissements n’ayant pas de caractère d’unicité.

Ainsi, on écrira École normale supérieure, université de Rennes, école normale de Nantes.

Pour les sigles (composés des initiales du nom de l’institution, ex. CNRS, EDF), toutes les lettres sont en capitales.

Un acronyme (suite de lettres que l’on prononce par syllabes, ex. sida, Onisep), s’écrit la plupart du temps en minuscules et éventuellement avec une majuscule initiale. Mais ce n’est pas toujours le cas (ex. ONU, UNESCO). Il convient donc de vérifier la graphie exacte sur les documents officiels de l’institution, son site internet par exemple.

Typographie des références et des illustrations

L’appel aux références, aux notes de bas de page, et à la numérotation des tableaux, figures et graphiques nécessite une attention particulière.

Pour numéroter les tableaux, figures et graphiques, on peut utiliser l’abréviation de numéro. Celle-ci s’effectue avec un n minuscule suivi de la lettre o en exposant (et non du zéro employé pour les degrés). Il y a une espace insécable entre le o en exposant et le nombre. Exemple : Figure 7 ou figure no 7 (et non n° 7).

Les notes de bas de page s’insèrent à l’aide de l’onglet « Références » du logiciel de traitement de texte (dans Word), en cliquant sur « Insérer une note de bas de page ». Elles se placent directement après le mot appelant une note, et avant la ponctuation. Exemples : l’expérience* du professeur N., l’expérience (1) du professeur N.

En résumé, nous avons vu comment indiquer l’unité de mesure pour toute donnée chiffrée, respecter la casse des lettres pour les symboles des unités de mesure, utiliser les abréviations de manière judicieuse, vérifier la version officielle des sigles et acronymes et faire bon usage de la ponctuation. En respectant ces règles de typographie, vous pourrez communiquer vos idées de manière efficace et professionnelle, renforçant ainsi la qualité et la crédibilité de vos travaux.

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2024-02-06T11:47:00+01:00

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