Communiquer
sur des données

Stephen Few est, depuis 20 ans, consultant et formateur en design de l’information. Fondateur du cabinet Perceptual Edge, aux Etats-Unis, il est l’auteur de « Show Me the Numbers », un livre dans lequel il explique comment utiliser tableaux et graphiques pour mettre en valeur des données.

Agent Majeur : Quelles sont les spécificités de la communication quantitative ?

Tout d’abord, pour être efficace, la communication de données quantitatives relève des mêmes pratiques qu’une bonne communication en général.

Il est, par exemple, important de s’exprimer avec des termes simples et clairs, qui sont familiers à notre auditoire. Utiliser un graphique spécialisé que personne ne comprend est donc totalement contre-productif.

Les données quantitatives expriment des quantités, des valeurs. Elles peuvent toujours être communiquées visuellement. En fait, de nombreux aspects de l’information quantitative ne peuvent être compris que s’ils sont présentés sous forme visuelle.

Par exemple, des mots peuvent difficilement décrire des tendances à travers le temps. Même une série de chiffres dans un tableau (par exemple, un pour chaque mois) ne peut décrire une tendance d’une manière claire.

Pour bien comprendre une tendance, on doit pouvoir la voir. Dans ce cas, les graphiques sont souvent la seule forme de communication qui fonctionne.

Quand recommandez-vous d’utiliser des tableaux ?

Les tableaux sont utiles, mais uniquement à des fins spécifiques. Puisque les données sont organisées en colonnes et en lignes, de façon alphabétique ou chronologique, un tableau permet de retrouver facilement et rapidement des valeurs particulières dans une série de données.

L’autre grande force des tableaux, c’est leur capacité à fournir des valeurs précises. Si un nombre doit être exact au 10ème chiffre après la virgule, il faut privilégier un tableau. Les représentations graphiques n’apportent pas un tel niveau de précision.

Quand est-il préférable d’utiliser des graphiques ?

Les graphiques sont à privilégier dans les cas suivants : montrer des évolutions et des tendances, souligner des valeurs inhabituelles, comparer une série de valeurs à une autre et visualiser une grande quantité d’informations quantitatives rapidement.

Que pensez-vous des graphiques en 3-D ?

La représentation graphique en 3 dimensions de données quantitatives est inutile, sauf si la 3ème dimension représente des données. Dans le graphique ci-dessous, les lignes sont en 3-D, mais leur profondeur ne signifie rien – c’est simplement décoratif. Le deuxième graphique montre la même information en 2D :

Il est clair que le graphique en 2-D permet plus facilement de voir et comparer ces données. Une 3ème dimension dénuée de sens entrave la communication car elle apporte des complications ou des distractions inutiles.

Quelles sont les meilleures manières de souligner ce qui est important ?

Quand on présente des données, et que l’on a un message à faire passer, certaines informations sont souvent plus importantes que d’autres. Quand c’est le cas, nous devons mettre l’accent sur ces informations importantes en les faisant ressortir visuellement.

Il y a différentes façons d’y parvenir. Dans l’exemple ci-dessous, j’ai mis en valeur la ligne qui représente l’Europe en lui attribuant une couleur foncée et atténué les autres lignes en choisissant des couleurs claires.

Une autre manière de faire ressortir ces informations aurait été de dessiner pour l’Europe une ligne plus épaisse que pour les autres continents. En matière de communication quantitative, il faut d’abord savoir clairement ce que nous voulons dire, et ensuite, concevoir un support à l’appui de ce message.

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