De la photographie
pour la science !

La recherche a besoin d’images. Jérémy Barande, photographe et responsable du service photo à l’Ecole Polytechnique, nous explique comment utiliser la photographie dans le domaine scientifique et technique.

© Jérémy Barande

Pourquoi utiliser des photos dans le monde scientifique ?

Dans la presse, sur le web ou les réseaux sociaux, les photos ont d’abord un rôle d’illustration. Elles attirent le regard et donnent envie de lire le contenu associé. En science, les photos ont aussi l’avantage de valoriser des travaux. Elles permettent de présenter un contexte, un environnement de travail, une équipe, une technologie ou une installation et de matérialiser un résultat ou une expérience. Elles servent ainsi à appuyer des propos, à les synthétiser, à les rendre plus sérieux et séduisants, et à témoigner de l’activité des chercheurs, constamment en quête de partenariats et financements.

Quel type de photos avez-vous l’habitude de prendre ?  

Je réalise beaucoup de portraits de chercheurs. Le cadrage peut mettre en valeur le chercheur seul, dans son environnement de travail, avec un outil de son quotidien, devant une installation ou une expérience. Je réalise aussi des photos de groupe, pour valoriser une équipe, un laboratoire ou l’établissement tout entier.

Comment réalisez-vous des photos de groupes ?

Je fais d’abord un repérage. Je privilégie souvent les escaliers qui permettent de placer les gens, de mettre les personnalités les plus importantes au premier rang. Je veille aussi à structurer le groupe, à ce que tout le monde soit sur la photo, à cacher les verres, les cafés et les sacs à main. La difficulté, c’est d’arriver à un résultat satisfaisant avec une contrainte de temps et de faire passer de l’émotion, un sentiment de joie et de bien-être.

Et pour des photos individuelles en laboratoire ?

Dans ce cas, je dispose de plus de temps pour composer mes photos. L’arrière-plan et la mise en scène du chercheur dans son environnement ont un message important à faire passer. Ils doivent avoir du sens, en réponse au contenu éditorial qui sera illustré. Je choisis donc un arrière-plan intéressant, je veille à retirer les objets qui trainent et je demande au chercheur d’occuper ses mains avec un geste professionnel qu’il réalise au quotidien. Je le mets ainsi en condition et à l’aise avec son image. Parfois, j’insiste aussi sur le port de la blouse ou de lunettes, pour faciliter les codes visuels et le message à faire passer.

Quelle place accordez-vous à la post-production ?

Effectivement, la prise de vue n’est qu’une étape ! Je passe au moins autant de temps sur la sélection des images, leur retouche et leur indexation (mots clés et légendes). Je m’attache à retravailler les couleurs et le contraste, éventuellement les défauts de peau, mais je vais rarement plus loin, sauf si la photo est destinée à une affiche ou un agrandissement.

Est-il mieux de faire appel à un photographe professionnel ?

Bien sûr ! Le photographe a le matériel et la technique pour produire des images de qualité susceptibles de se démarquer des autres. Mais avec l’explosion des réseaux sociaux, des smartphones et des appareils photo d’entrée de gamme, tout le monde peut désormais s’improviser photographe. Il y a donc de moins en moins de services photo dans les instituts de recherche.

Quels conseils donneriez-vous à un chercheur qui souhaiterait se faire tirer le portrait par un collègue ?

D’abord d’utiliser un bon appareil, avec une définition suffisante pour pouvoir exploiter les photos sur différents supports. Ensuite, de choisir un photographe avec qui il se sent en confiance. Il pourra ainsi demander un avis et recommencer la photo autant de fois que nécessaire. Il est important que le chercheur se reconnaisse sur la photo et soigne son image, destinée à être diffusée. Il doit aussi choisir un endroit lumineux et parlant, une position confortable et des accessoires significatifs, regarder l’objectif et sourire ! Un dernier conseil… Il vaut mieux réaliser des photos lorsque les conditions sont bonnes, plutôt que d’attendre d’en avoir besoin.

Voir les photographies de Jérémy Barande

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