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Pour une communication, une accroche est comme un paquet pour un cadeau : une mise en scène, un moyen de mettre en valeur son contenu. Pour soigner votre emballage, dans cet article, nous nous intéressons aux accroches de type « photos et dessins ».

Tout d’abord, il est important de le rappeler, pour utiliser des schémas et photos dans une communication, il faut veiller à respecter la propriété intellectuelle ! C’est ce qu’a bien compris Alice de Rochechouart, qui a demandé aux ayants droits d’Hergé d’utiliser un dessin de Tintin. Lors de la finale Paris Sciences et Lettres du concours Ma Thèse en 180 secondes, cette doctorante, formée par Agent Majeur, s'est distinguée par la qualité de son pitch et par l'originalité de son accroche. Sur la slide projetée derrière elle, le célèbre reporter. Elle démarre sa présentation par la séquence suivante : « Il est minuit moins 3 sur l’horloge de la fin du monde… Ça fait peur, non ? D’ailleurs, regardez la tête de Tintin ! » Une belle entrée en matière pour parler d’eschatologie, cet ensemble de croyances sur la fin des temps.

Chez Agent Majeur, nous aimons les conférences TED et l’accroche d’un orateur, Ramesh Raskar, nous a beaucoup plu. Le chercheur débute sa présentation de la femto-photographie par une photo impressionnante. Datant de 1964, elle représente une balle de revolver transperçant une pomme. Nous aimons montrer cette vidéo de vulgarisation aux participants à nos formations à la communication scientifique. Car cette accroche est excellente à double titre : elle s’appuie sur un visuel fort, en rapport avec le sujet, et elle est parfaitement introduite. Car une accroche doit « s’assumer ». Si vous n’êtes pas à l’aise avec votre discours, votre public le verra. Une accroche bâclée ou mal exploitée n'atteint pas son objectif. Mais, sans accroche, une présentation est souvent fade. Aussi, nous vous conseillons de faire des accroches (oui, osez !) en veillant à ce qu’elles soient en phase avec votre personnalité.

Deux doctorants SNCF formés par Agent Majeur à un concours interne du type Ma thèse en 180 secondes ont également trouvé de bonnes accroches à partir d’une image. Le premier, Michaël Gonzva, lauréat du Prix du jury, présente une photographie dont il aime les jeux de lumières et perspectives. Il raconte : « Nous sommes en 2012, à la toute fin du mois d’octobre, à New-York. Ce que vous avez sous les yeux, c’est une gare de triage, dont les voies ont été totalement submergées par le passage de l’ouragan Sandy. » Puis il poursuit : « Le problème, c’est que derrière cette jolie photographie se cachent des millions de personnes dont la mobilité a été totalement bouleversée et des millions de dollars de dégâts sur l’ensemble des systèmes ferroviaires. » C’est ainsi qu’il introduit son sujet de thèse sur la résilience des systèmes de transports guidés en milieu urbain face à différents risques naturels, technologiques et d’exploitation... Avec une image, un fait d’actualité et même une question : « Qui n’a jamais fait l’expérience de retards dus à des conditions météorologiques plus ou moins intenses ? ». Une triple accroche, en somme !   

Pour parler de sa thèse, Olivier Vo Van, qui a reçu le Prix du public, utilise quant à lui une image au sens propre comme au sens figuré. En montrant la photographie projetée sur l’écran derrière lui, il présente au public « Monsieur Pantographe et Madame Caténaire. Ces deux-là forment un couple et dans un couple, tout n’est pas toujours rose. » Il utilise ainsi une photo et la métaphore du couple pour aborder ses travaux de recherche sur la modélisation de la variabilité et de l'incertitude dans l'interaction mécanique pantographe-caténaire. Plutôt sympa pour parler aux néophytes d’usure mécanique et électrique ! Voir la vidéo.

Les accroches ne se limitent pas à la communication orale. A l’écrit, et même dans des publications scientifiques très sérieuses comme la célèbre revue Nature, on utilise des accroches. L’article intitulé « The quest for supercarbon » est un bon exemple. Il débute par la description d’un poster que le journaliste a vu dans un laboratoire, à Cambridge. En l’occurrence, un dessin d’un super héros pour un super matériau, le graphène. Aussi étrange que cela puisse paraître, ce visuel n'apparaît pas dans le journal. Mais nous pouvons l’imaginer. Et c’est un moyen ludique de rentrer dans cet article de vulgarisation. 

Pour finir cet article sur les accroches, revenons aux basiques de la communication et de la vulgarisation. La première qualité d’une communication scientifique doit être la clarté. Si, en plus, cette communication est mémorable, le pari est gagné. Aussi, soignez votre emballage, mais soignez aussi le cadeau que vous mettez dedans. Une belle accroche avec un contenu pauvre, embrouillé, sans structure, c’est comme un bel emballage vide. De grands espoirs et une grande déception… 

 

Découvrez comment utiliser une question ou rebondir sur l'actualité pour accrocher votre public. Sur ce blog, découvrez également d'autres conseils pour vos prises de parole en public.

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