Accroches :
poser une question

A quoi sert une accroche ? Pourquoi essayer d’intéresser un public qui, de toute façon, est captif ? Bien que présent, il ne faut pas croire que notre auditoire nous écoute nécessairement. Il a probablement d’autres sujets qui le préoccupent. Et si nous n’y prenons garde, il décrochera… D’où l’intérêt, préventivement, de l’accrocher : son attention se mérite. Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, nous avons débuté ce billet par une question, le type d’accroche que nous souhaitons justement illustrer.  

« Quelle est la dernière chose que vous ayez faite pour l’un de vos proches, sans que celui-ci vous l’ait demandé ? Posez-vous maintenant la question suivante : l’aurais-je fait aussi bien s’il me l’avait demandé ? ». Lors du concours Ma thèse en 180 secondes de l’Université Paris-Saclay, Estelle Gandillot-Nicolas a utilisé des questions pour introduire son pitch. C’est une façon simple d’entrer dans son sujet de thèse : l’impact des incitations sur les actions de responsabilité sociale des entreprises liées au handicap en France. Pas facile de comprendre le sens de cette phrase, n’est-ce pas ? La candidate reformule ensuite sa question pour expliquer ses travaux de recherche : « Est-ce que les entreprises vont s’impliquer davantage pour le bien-être de la société quand elles le décident volontairement que quand on les y incite ? ». Voilà qui est clair et donne envie d’écouter la suite !

Guy Deniau, du CEA Saclay, a également opté pour une question pour accrocher son auditoire lors de son intervention au Prix Fibre de l’Innovation d’OpticsValley. A cette occasion, les 10 candidats avaient assisté à notre formation au pitch afin de présenter leur innovation en moins de 3 minutes. Parmi eux, le futur lauréat a débuté cet exercice de vulgarisation par une question : « Quelle est l’opération chirurgicale la plus pratiquée au monde ? » Instinctivement, que répondriez-vous ? L’appendicite ? Les dents de sagesse ? La bonne réponse est la cataracte. Voilà de quoi, très rapidement, nous faire comprendre la portée de son innovation qui permettra d’améliorer cette opération pratiquée près d’1 million de fois par an en France.

Une accroche de ce type, toujours lors du Prix fibre de l’Innovation, a été utilisée par Gildas Chauvel, de la société HGH, pour démarrer son pitch de 3 minutes : « Qui n’a jamais rêvé d’avoir des yeux dans le dos ? Ou bien de voir la nuit ? Ou à travers le brouillard ? » Là encore, pour un porteur de projet venu présenter une innovation dans le domaine des systèmes de surveillance, c’est un moyen efficace d’aller très vite à l’essentiel.

Mais, attention ! Pour être efficace, une accroche ne doit pas seulement être surprenante ou amusante. Elle doit servir le message délivré lors de la présentation. C’est une formule « 2 en 1 » : je capte l’attention de mon auditoire et je rentre dans le vif du sujet. Après une accroche de type « question », vous pouvez laisser votre auditoire apporter une réponse. Sauf s’ils sont trop nombreux ou si vous souhaitez vous-même répondre. Dans ce cas, il s’agit d’une question rhétorique, un exercice de style. Nous vous conseillons, après avoir posé votre question, de laisser deux ou trois secondes de silence. Cela laissera à votre auditoire un peu de temps pour réfléchir à une réponse possible. Comme quoi, la communication scientifique n’a aucune raison d’être ennuyeuse ! Alors, envie d’essayer ?

Découvrez comment utiliser une image ou rebondir sur l’actualité pour accrocher votre public. 

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